Tiré de : Pâques, un passage... (Conte d'auteure inédit, mars 2021)

... Elle se souvenait, sa mère, le soir, jouant du saxophone, près du poêle brûlant chauffant toute la maisonnette. Ces mêmes airs… elle se sentit transportée, presque envoûtée. Cette musique la remuait mais, en même temps, lui nouait le ventre… c’était trop dur… elle acheta un pique-nique quitta, ce lieu… traversa le petit bois, sortit de la Ville.

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... Cette main, cette caresse lui rappela les cocolées de sa Maman le soir avant de s’endormir… même, lorsqu’elle lui massait le dos quand elle était dans son berceau… tous ces effleurements, ces gestes n’avaient rien à voir avec les penchants de Tante Justine… le petit mouton prit sa place dans son cœur. L’émotion la gagna, elle s’abandonna aux larmes et se sentit, être, à nouveau, propriétaire de son corps … grandie…

Tiré de : Le Fifre & le Tambour ou Quand le Carnaval renoue les coeurs, Légende

...  Le temps de la foire d’automne arriva. Accompagnée de « ses petits », la jeune fille se rendit avec eux au Théâtre Guignol. Les enfants appelaient : « Guignol ! Guignol ! Guignol !» Enfin le rideau s’ouvrit. Guignol se présenta avec Gendarme. Guignol portait un masque. À travers le masque, deux yeux bleus brillaient. C’était lui… il était là ! … il était revenu ! … À la fin du spectacle, elle voulut le rencontrer. À nouveau, il avait détalé…

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... Un sentiment de tristesse l’envahit. Il se sentit fatigué de se cacher. Il voulait sortir de l’ombre… Retrouver son Tambour. Ce Carnaval serait leur Carnaval !  

Tiré de : Le Petit Fourrier ou Quand la Source offre ses Trésors aux Rois (Conte de l'Epiphanie) 

C’était une belle matinée d’automne, les arbres étaient parés de couleurs allant du jaune doré au brun cuivré, le soleil s’amusait à les illuminer. Pour la saison, le temps était doux. Le petit fourrier, le cœur léger, se réjouissait de sa corvée.

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Il chemina dans une forêt, camba des gués, se tordit les chevilles sur des pierres pointues. Au bord d’une clairière, il aperçut une maisonnette. Une voix l’appela. Il s’approcha. Et là, à travers les barreaux de la fenêtre, il distingua « sa » boulangère. Un chaudron posé sur un feu d’enfer dans lequel bouillaient des racines, des plantes et d’où s’échappaient des odeurs pestilentielles annonçait un carnage. Une main tremblante lui présenta un billet sous le nez : une dent de loup, la toison d’ours et une Topaze pour le jour des Rois.

Tiré du : Le Pinson du Nord ou Quand le Chant réunit les coeurs (conte de Noël d'auteure inédit)

... Bien qu’elle s’occupât l’esprit et le corps, sa sœur lui manquait. Même une fois, elle demanda à sa Maman de lui donner « une autre petite sœur » … La Maman baissa les yeux, lui avoua qu’elle était plus assez jeune pour être enceinte, qu’elle serait trop fatiguée. À quoi, la petite répondit que ce n’était pas grave. Elle s’assit sur les genoux de sa mère, passa ses bras autour de son cou et la serra fort contre elle. Les larmes coulaient sur leurs joues… Le calme revenu, Fauvette prit le petit cheval de bois et sortit s’amuser...

Tiré de : La Souris, le Chat & le Chien...conte d'auteure inédit_octobre 2020

... C’est ainsi, que par un beau soir, alors que tout le monde dormait, elle se risqua deux étages en-dessous. Elle se fit toute mince, glissa sous la porte… en face dans le hall, elle se trouva nez à nez avec deux grosses pattes blanches ! … C’était Tendress, le chien de berger, Gros, chevelu, à la crinière d’un lion, mais aussi doux et câlin qu’il était Gros...

Tiré de : Gruvatiez ou le petit berger qui ne voulait pas quitter son champ, conte d'auteure_inédit_Noël 2019

... Lorsqu’il la voyait au Jardin des Roses, habillée de sa robe de dentelle, sous son corsage, il devinait des seins généreux, souples, couleur de nacre parfumés de rose… alors, il sentait monter en lui le désir de la posséder, de la caresser comme le vent dans un long frémissement, effleure les feuilles tendres du printemps. Il se souviendrait de cette image…et c’est avec elle que le petit berger trouva la force de quitter son champ et de poursuivre son Chemin…

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... Le soir venu, lorsque le loup vint, il le regarda bien en face. Il vit ses yeux jaunes luisants en forme d’amande. Le jeune berger ne cilla pas. Il sortit son canif, tint entre ses deux doigts, la plus longue moustache du loup et d’un coup sec, la coupa. Ils étaient quittes.

Tiré du : Banquier & la Bergère, récit de vie d'auteure 2016_inédit_collection privée

... Ils venaient de se promettre l’un à l’autre, ce voyage était en quelque sorte leur voyage de noces. Ils l’avaient un peu prolongé en s’arrêtant dans les Auberges villageoises avoisinantes aux alentours de la grand’route, ce qui leur avait permis de déguster les mets du terroir des bourgs visités. On était au printemps, l’air embaumait les foins fraîchement coupés, l’herbe était tendre sous les pieds, et pour nos deux tourtereaux, s’aimer loin des regards indiscrets, leur procuraient des petits bonheurs, rythmés, au chant des alouettes s’élevant dans le ciel...

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Tiré de Ninette : récit de vie d'auteure 2016_inédit_collection privée

...Ce qu’elle aimait le plus lorsqu’elle était paysanne, c’était contempler les sillons retournés par la charrue, sentir l’odeur de la terre, admirer sa couleur brunâtre, qui, caressée par les doux rayons du soleil d'automne, la saupoudrait d’une fine couche de sucre cuivré. Le mélange de racines putréfiées, garni d’éléments organiques en décomposition, emplissait l’air alentour, de cette senteur propre à elle-même, l'odeur de notre Terre, Mère nourricière. Après le passage de la herse, celle-ci était prête à recevoir la semence, qui, une fois déposée dans ce cocon, germait. Quelques jours après, deux feuilles pointaient le bout de leur nez, alors les lignes se devinaient, droites, frêles, caressées par le doux vent du printemps, comme des petits soldats de plomb prêts à affronter les éléments : eau, vent, soleil. À la pleine chaleur de l'été, ce grain moissonné, épié, écrasé, puis moulu, enrichi des éléments de la Vie deviendra farine. Farine, eau, chaleur, ferment, il évoluera, levain. Farine, levain, eau, feu du four, il en sortira, pain. Il accompagnera les tartines du déjeuner, le fromage des quatre heures, la soupe du dimanche soir.

A l’occasion, ce sera aussi le pain de messe ou de culte.

Le pain de Vie...

Va fleurir poignée de grains, Va fleurir au quatre vents, Va fleurir poignée de grain, Va fleurir l'Avenir...